Pergamon museum

La Porte d'Ishtar

Comment ces pièces monumentales ont-elles abouti à Berlin?

Ce sont les archéologues allemands qui, à la fin du XIXe siècle ont redécouvert la Babylone antique.
La Syrie avait été un champ de fouilles important pour les Français et les Britanniques. Les découvertes étaient visibles à Londres et à Paris.
Avec Babylone, les Allemands avaient une bonne opportunité, car elle n’avait pas encore été mise au jour.
Il y avait eu quelques recherches du côté anglais, mais aucune véritable campagne de fouilles archéologiques.
C’est pour cette raison que les Allemands ont choisi Babylone. Les fouilles ont commencé en 1897.
Ce qui fut révolutionnaire pour l’époque, c’est que la direction fut confiée à un grand architecte, ce qui n’était pas la tradition. En cette fin de XIXe siècle, la science de l’archéologie du Proche-Orient n’existe pratiquement pas. Elle n’est enseignée nulle part.

Robert Koldewey (voir ci-contre) avait déjà une grande expérience des fouilles – en Anatolie – Il était l’un des plus qualifié pour cette tâche.

Il voulait, à travers les fouilles, reconstituer l’architecture des cités disparues.
Il développe une méthode personnelle. C’était un observateur très précis, méticuleux. Il effectue ainsi un inventaire à la pierre près, mesurant chaque brique et la dessinant afin d’obtenir un résultat d’ensemble à partir des résultats partiels.
Avant lui, personne n’avait procédé de la sorte, avec autant de précision.

Pour effectuer cette tâche colossale, Koldewey s’adjoindra un assistant dès 1898. Architecte de formation, lui aussi, Walter Andrae possède un atout majeur, il maîtrise le dessin et l’aquarelle.

Reconstitution d'Assur

Découverte des briques bleues

En 1899, Robert Koldewey eut son attention attirée par des fragments de briques vernies bleues. Il déplaça les fouilles vers la zone où ces briques apparaissaient en plus grand nombre.
Cependant, au lieu de découvrir un bâtiment complet, les ouvriers du chantier de fouilles ont d’abord trouvé des milliers de fragments de ces briques glacées.
Les fondations de l’édifice permirent d’identifier ce qui devait être l’une des portes d’entrée de la ville.
Des inscriptions, découvertes plus tard, confirmèrent cette hypothèse. Les archéologues avaient mis au jour les vestiges de la Porte Ishtar de Nabuchodonosor II.
Après des négociations avec l’Empire ottoman, les premiers fragments de briques moulées et émaillées furent expédiés à Berlin en 1903.
En 1927, conformément aux règles de partage, c’est-à-dire à la répartition des antiquités découvertes, avec la direction irakienne d’antiquités, plus de 500 caisses de fragments de briques prirent le chemin de la capitale allemande.
C’est à force de patience et d’efforts minutieux que ce puzzle grandeur nature fut réalisé, tout en remplaçant les briques manquantes par de nouvelles.

Briques bleues de la porte d'Ishtar
Le taureau symbolise la divinité Adad (Hadad), dieu de l’orage.
Le dragon, quant à lui, est une créature hybride: corps de serpent, pattes antérieures de lion, pattes postérieures se terminant par des serres d’aigle, l’extrémité de la queue armée par le crochet du scorpion . La tête du dragon Mushushshu (Mushussu) est la représentation du dieu MARDUK.
Par contre, le lion d’Isthar que l’on retrouve tout le long de la Voie processionnelle ainsi que sur les parois de la salle du trône, n’est pas représenté sur les murs de la porte d’entrée.

La porte d’Ishtar était une des huit portes de la cité de Babylone. Elle était consacrée à la déesse Ishtar, déesse de l’amour et de la guerre, de la vie et de la mort.
La porte est décorée de dragons, animaux sacrés du dieu de la cité Marduk et de taureaux, animaux fétiches du dieu Adad, divinité de la foudre et de l’orage.

La salle du trône

Dans le Pergamon Museum, de part et d’autre de la porte se trouvent deux fragments de la paroi de la salle du trône de Nabuchodonosor II, qui elle est ornée d’une frise de lions en marche.
La partie supérieure de ces façades est décorée de formes végétales richement travaillées. Le motif central est constitué de quatre palmiers stylisés.
Des briques vernissées dans des nuances lumineuses de bleu, de jaune et de blanc servaient à créer des monuments publics qui mettaient l’accent sur le pouvoir du roi et des dieux. Dans la salle du trône de Nabuchodonosor, les lions rugissants soulignaient le pouvoir et la puissance du roi babylonien, dont l’empire s’étendait du golfe Persique à la Méditerranée et du Caucase au nord de l’Arabie.
Source:
« A loan from Berlin: a lion from Babylon »Alexandra Fletcher, curator, British Museum
Salle du trône de Babylone
Salle du trône de Babylone

Salle du trône de Babylone

Salle du trône de Babylone

Reportage : B comme Babylone.
ARTE
Le Musée du Louvre.
La Porte d’Ishtar revisitée par Oliver Stone dans son film Alexander sorti en 2004. L’acteur Colin Farrel y tenait le rôle d’Alexandre Le Grand.